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Covid#19 – Le Mexique n’a toujours pas atteint le pic de la pandémie !

Le gouvernement mexicain a déclaré vendredi qu’il maîtrisait l’épidémie de coronavirus alors que le pays devenait l’un des points chauds mondiaux de la pandémie.

Avec 62,527 cas et 6,989 décès le 22 mai soit 479 morts de plus que la veille, le Mexique ne semble pas avoir atteint le pic de la pandémie alors que le déconfinement est en cours !

Le ministère de la Santé avait prévu que l’épidémie pourrait culminer il y a deux semaines, mais le Mexique a affiché son total le plus élevé de décès et d’infections au cours des deux derniers jours, derrière les États-Unis et le Brésil pour les décès mercredi et jeudi.

« Mes grands-parents ont été admis avant-hier et ils ne nous ont donné aucune information », a expliqué Tania Gonzalez, 24 ans, alors qu’elle se tenait devant un hôpital public de Mexico. « Nous sommes inquiets. Nous ne savons pas s’ils sont morts, vivants, s’ils sont traités, dans quel état ils se trouvent.  »

Sous la pression des politiciens, des officiels et du lobby des affaires à Washington, le Mexique a déjà commencé à rouvrir une partie de l’économie.

Cependant, certains politiciens et experts en santé publique craignent que cela ne soit prématuré. Au cours des sept derniers jours, le Mexique a enregistré 27% de ses 6 510 décès confirmés dus au coronavirus et 24% des 59 567 cas. Il a signalé son premier cas en février.

Vendredi, le président Andres Manuel Lopez Obrador a déclaré que le pays s’en sortait.

« L’essentiel est qu’en dépit des souffrances et des pertes en vies humaines, nous avons évité un déluge », a déclaré le président lors d’une conférence de presse. « Nous pouvons exclure cela. »

Le Mexique a jusqu’à présent évité le type d’épidémies de masse dévastatrices observées dans le nord de l’Italie ou à New York . Mais les décès et les nouvelles infections dans le deuxième pays d’Amérique latine continuent d’augmenter.

Le Mexique n’a pas lancé de régime d’essais à grande échelle ni imposé le type de verrouillage strict utilisé dans certaines parties de l’Amérique centrale voisine.

«Ce n’est pas seulement que le risque d’infection est élevé, mais ce que l’on appelle un retour à la nouvelle normale pourrait faire augmenter de façon exponentielle les nouveaux cas … conduisant à davantage de décès», a déclaré Trizia Herrera, associée au cabinet de conseil en politique publique EPLOC .

« Il semble prématuré que le président Lopez Obrador parle d’éliminer un déluge au Mexique, alors que l’épidémie continue de croître. »

Une enquête Reuters sur 18 salons funéraires et crématoriums dans la capitale a révélé que les statistiques officielles pourraient sous-estimer considérablement le véritable nombre de morts.

Le gouvernement a déclaré que le nombre réel de cas dépasse probablement les totaux confirmés, mais Lopez Obrador a rejeté les informations selon lesquelles les chiffres sont bien plus élevés.

La ville de Mexico et ses environs ont subi de plein fouet la pandémie et l’occupation des lits d’hôpitaux dans la capitale cette semaine s’est élevée à 72%, une légère baisse par rapport à la semaine dernière.

Francisco Moreno, expert en maladies infectieuses et responsable du programme COVID-19 au centre médical ABC de Mexico, a déclaré que le principal problème était la disponibilité de ventilateurs et de personnel médical formé pour les utiliser.

Mercredi, 64% des lits équipés de ventilateurs étaient occupés, selon les dernières données.

Article du 7 mai 2020 – Covid#19 – Le Mexique au pic de la pandémie ?

Le Mexique atteint ces jours-ci le pic de la pandémie de coronavirus sans pour autant, à ce stade, avoir amené l’hécatombe pressentie dans un pays où l’infrastructure sanitaire reste faible. 

Le pays se situe au deuxième rang en Amérique latine en nombre de décès après le Brésil, avec 2.704 décès mercredi, et plus de 27634 personnes contaminées.

Et même si le gouvernement mexicain reconnaît lui-même que ces nombres ne sont pas exhaustifs, il estime que le virus va faire environ 6.000 morts au Mexique, soit beaucoup moins qu’aux Etats-Unis limitrophes ou certains pays d’Europe.

Il y a certes plusieurs hôpitaux saturés dans les régions les plus touchées, mais rien n’indique à ce stade que le taux de mortalité général au Mexique a augmenté particulièrement depuis le début de l’urgence sanitaire.

Avec une population de plus de 120 millions d’habitants, le taux de mortalité dû au Covid-19 est de 1,8 pour 100 000 habitants, selon les calculs de l’Université américaine Johns Hopkins, en dessous des 9,18 en Equateur, 4,2 au Pérou ou 3,52 du Brésil.

La grande majorité des cas se concentre dans cinq villes: Tijuana, Culiacán, Cancún, Villahermosa et surtout dans l’immense zone métropolitaine de la vallée du Mexique qui abrite la capitale.

« Les unités de soins intensifs sont saturées et notre capacité à fournir des respirateurs limitée », explique à l’AFP Justino Regalado, directeur adjoint du service de pneumologie à l’Institut national des maladies respiratoires (INER), l’un des plus prestigieux du pays.

Sur les 56 hôpitaux en fonctionnement dans la région métropolitaine, la plus densément peuplée du pays avec 22 millions d’habitants, 25 n’ont plus de lits d’urgence ni de respirateurs disponibles, selon les médias locaux.

L’État de Mexico, où se trouve la zone métropolitaine de la capitale, totalise 11.352 personnes contaminées et 771 décédées. Une région telle que Durango (nord), le quatrième plus grand État du pays, compte 80 cas confirmés et huit décès.

« L’émpidémie ralentit »

Dans ce contexte, le sous-secrétaire à la Santé, Hugo López-Gatell, a désigné le 8 mai comme date de pointe du nombre de personnes infectées, selon les villes comptant le plus de cas.

Le responsable a assuré mardi que les mesures d’isolement et de suspension des activités non essentielles, en vigueur depuis le 23 mars, avaient réduit le taux de contamination.

Les cas doublent désormais tous les six jours et non plus tous les deux jours comme au début de l’épidémie.

« L’épidémie ralentit. Nous avons aplati la courbe », a assuré López-Gatell.

L’Organisation panaméricaine de la Santé a cependant mis en garde sur le fait que plusieurs pays de la région, dont le Mexique, voient leur nombre de contamination doubler tous les quatre jours.

Le Dr Regalado prévient que la phase « plateau » arrivera plus tard, avec un nombre élevé et constant de nouveaux patients. « Cela pourrait prendre quelques semaines, peut-être un peu plus longtemps, pour commencer à baisser lentement », prévoit le médecin.

Deux semaines de plus

Des responsables médicaux estiment que le confinement ne prendra pas fin le 01 juin comme l’a fait entendre le gouvernement, mais pourrait durer deux semaines de plus.

Le président Andrés Manuel López Obrador a pourtant déjà prévu de réactiver des secteurs économiques clés tels que la construction, les mines et l’industrie automobile, à partir de la mi-mai, « si les autorités sanitaires nous le permettent ».

« Bien qu’il y ait moins de cas, il y aura toujours un nombre considérable de personnes malades et il sera impossible de relancer l’économie », a prévenu le Dr Rodrigo Jácome, chercheur à la faculté des Sciences de l’Université nationale autonome de Mexico.

Les perspectives économiques du Mexique restent sombres avec un PIB chutant de 7,1 % cette année, selon une récente enquête de la banque centrale. Ce qui expliquerait l’empressement apparent d’AMLO.

Le président de gauche a déçu les marchés pour son refus d’appliquer des mesures appropriées à la situation d’urgence sanitaire. Bien qu’il ait annoncé des prêts bon marché et une aide financière directe, ces encouragements sont légers par rapport à ce qui a été proposé aux États-Unis, au Chili ou au Pérou.

La violence criminelle, autre problème majeur au Mexique, n’a pas non plus connu de trêve.

Même durant le confinement,le mois de mars a été le plus violent à ce jour durant le mandat du gouvernement de López Obrador, avec 3.000 meurtres et 78 féminicides.

Malgré ces signaux alarmants, la popularité de López Obrador est d’environ 50 %, selon plusieurs enquêtes.

Un sondage du journal local El Financiero a même indiqué un regain de popularité en avril par rapport à mars, en raison de sa gestion de la crise sanitaire.

Sources – Agences

Touracancun 728