Narcos et pétrole – Les difficiles décisions de la Présidente Sheinbaum face á Trump

Depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche il y a un an, 92 narcotrafiquants mexicains ont été transférés dans des prisons américaines par le gouvernement de Claudia Sheinbaum. La présidente mexicaine apparaît comme “otage” des menaces de Trump, selon la presse locale et Mexico envisagerait de revoir ses livraisons de pétrole à Cuba. 

C’est le troisième transfert de prisonniers mexicains depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche. Mardi 20 janvier, le Mexique a extradé 37 narcotrafiquants présumés, ce qui porte à 92 le nombre de membres de cartels envoyés dans des prisons des États-Unis ces douze derniers mois. “Le gouvernement de Claudia Sheinbaum contient ainsi les menaces du républicain”, résume El País America dans son édition mexicaine.

Trump a en effet répété ces dernières semaines que le Mexique était gouverné par les cartels et qu’il était prêt à envoyer des troupes au sol pour les attaquer.

Parmi les personnes extradées figurent notamment Pedro Inzunza Noriega, alias Sagitario, accusé “d’envoyer de grandes quantités de drogue aux États-Unis” pour le compte du cartel de Sinaloa, mais aussi Daniel Alfredo Blanco, dit “El Cubano”, considéré par le gouvernement des États-Unis comme “l’un des opérateurs financiers” du même cartel. Se trouvent aussi l’un des chefs du Cartel del Noreste et un autre responsable du Cartel de Jalisco Nueva Generación (CJNG).

“Ils représentaient une menace réelle pour la sécurité du pays”, a justifié le secrétaire à la Sécurité et à la Protection des citoyens mexicain, Omar García Harfuch.

La date choisie – l’anniversaire de la prise de fonction de Donald Trump – a tout de suite été interprétée comme un « geste » destiné à éviter les foudres du président américain contre le Mexique. « C’est une nouvelle réussite historique dans la mission de l’administration Trump de détruire les cartels », s’est félicitée mercredi la procureure générale des Etats-Unis, Pam Bondi, dans un communiqué du ministère de la justice.

Quelques heures plus tôt, lors d’une conférence presse, la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, avait nié avoir fait une faveur au voisin du Nord, mais elle avait reconnu que ces prisonniers avaient été envoyés aux Etats-Unis à la demande du ministère de la justice américain. Selon la présidente, chaque cas a été analysé par le conseil national de sécurité, une entité qu’elle préside tous les matins.

La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum avait déclaré publiquement que les livraisons de pétrole à Cuba sont basées sur des contrats de longue date et constituent une aide internationale. Toutefois, Mexico envisagerait de revoir ses livraisons de pétrole à Cuba. 

La partition jouée par le Mexique est délicate. Depuis l’arrêt des livraisons de pétrole vénézuélien à Cuba, le pays est devenu le principal fournisseur de l’île. Même si cette aide est limitée en volume, elle reste essentielle pour La Havane.

Officiellement, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum affirme que ces livraisons relèvent de l’aide humanitaire et de contrats de long terme. Mais selon plusieurs sources gouvernementales, Mexico réévalue sa position pour s’éviter de nouvelles pressions de Washington.

En effet, les autorités mexicaines sont en train de négocier la révision de l’ACEUM, l’accord les liant aux États-Unis et au Canada, vital pour l’économie mexicaine. Dans ce contexte, chaque décision compte, et chaque signal envoyé à la Maison Blanche semble essentiel à l’avenir du texte.

Car entre solidarité régionale et impératif stratégique, le Mexique avance sur une ligne de crête. Et cette stratégie du pays dit beaucoup de l’équilibre fragile que Mexico tente de préserver avec son voisin américain. 

Sources – Agences