La hausse généralisée des frais universitaires pour les étudiants étrangers relance la polémique en France. À Montpellier, des collectifs étudiants, enseignants et syndicats dénoncent une mesure qui pourrait éloigner des milliers de jeunes internationaux des universités françaises.
Depuis plusieurs jours, les tensions montent dans plusieurs universités françaises autour des frais de scolarité appliqués aux étudiants extracommunautaires. À Montpellier, la mobilisation prend de l’ampleur après la publication d’informations sur l’application des droits différenciés pour les étudiants étrangers.
Des rassemblements ont été organisés sur certains campus pour dénoncer une politique jugée injuste par plusieurs organisations étudiantes. Les critiques visent principalement les montants demandés aux étudiants non européens, désormais largement supérieurs à ceux payés par les étudiants français ou ressortissants de l’Union européenne. Pour de nombreux étudiants issus du Maghreb, d’Afrique subsaharienne ou d’Asie, la perspective d’étudier en France devient incertaine.
En 2019, le précédent plan d’attractivité « Bienvenue en France » mettait en place des frais différenciés pour les étudiants étrangers extra-communautaires. Ces derniers devant s’acquitter de 2.895 euros en licence et 3.941 euros en master, contre 178 euros et 254 euros pour les étudiants français. Néanmoins, à l’heure actuelle, seulement 10% d’étudiants étrangers s’acquittent de ces frais, selon le ministère de l’Enseignement supérieur.
En dévoilant son nouveau plan le 21 avril à l’UTC université de technologie de Compiègne), le ministre Philippe Baptiste a annoncé la publication à venir d’un décret pour rendre effective l’application de ces droits différenciés dès la rentrée de septembre 2026.
Les boursiers du gouvernement français et les étudiants dans le cadre d’une mobilité d’échange resteront exempts. Autre mesure contestée du nouveau plan, une préférence pour accueillir des étudiants internationaux dans les filières d’études répondant aux enjeux technologiques et économiques de la France.
CE QUI CHANGE OU NE CHANGE PAS
À la rentrée universitaire, le changement majeur pour les étudiants étrangers en France concerne l’application stricte des droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires (hors Union européenne), assortie d’un encadrement des exonérations universitaires. Cette mesure s’inscrit dans le cadre du nouveau plan gouvernemental baptisé « Choose France for Higher Education »
Voici le détail complet des changements, des tarifs et des mesures d’accompagnement.Le nouveau barème des frais d’inscription.
Le nouveau barème des frais d’inscription. Auparavant, de nombreuses universités françaises contournaient les tarifs différenciés (instaurés en 2019) en accordant des exonérations massives. L’application stricte de la loi entraîne une hausse significative des tarifs annuels pour les nouveaux étudiants non-européens :
-Licence : 2 895 euros par an (au lieu de 178 euros).
-Master : 3 941 euros par an (au lieu de 254 euros).
-Doctorat : Non concerné par cette hausse (maintien des tarifs standards appliqués aux étudiants français).
Note : Cette mesure s’applique uniquement aux nouveaux étudiants et ne touchera pas les étudiants déjà en cours de cycle d’études en France.
Le recul du gouvernement sur les quotas d’exonération
Face à la contestation du monde universitaire et à des manifestations étudiantes, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a assoupli le décret d’application afin de donner plus de flexibilité aux établissements :
Plafond initial : Le projet prévoyait de limiter strictement les exonérations de frais à seulement 10 % des étudiants internationaux. Plafond transitoire révisé : Les universités sont finalement autorisées à exonérer jusqu’à 30 % de leurs étudiants extracommunautaires pour la rentrée. Évolution future : Ce taux maximal d’exonération sera ramené à 25 % en 2027, pour atteindre une limite définitive de 20 % à terme.
Ces exonérations ciblent en priorité les meilleurs profils académiques ou s’intègrent dans le cadre d’accords de coopération internationale et de réciprocité entre universités.
Maintien des droits et des aides financières
Malgré la hausse des frais de scolarité, le statut de l’étudiant étranger en France préserve l’accès aux dispositifs d’accompagnement social :
-Logement : L’accès aux aides au logement gérées par la CAF (comme l’APL) reste ouvert.
-Santé : La prise en charge des dépenses de santé via l’affiliation gratuite à la Sécurité sociale française demeure inchangée.
-Bourses : Possibilité de solliciter des bourses du gouvernement français (bourses Eiffel), du CROUS sous conditions, ou des aides d’urgence spécifiques.
-Droit au travail : Les étudiants étrangers conservent le droit de travailler à titre accessoire (dans la limite de 60 % de la durée annuelle de travail).
Fin d’études et insertion professionnelle
Pour les étudiants souhaitant travailler en France après l’obtention de leur diplôme (Master ou équivalent), les règles de changement de statut restent strictes. La demande doit être déposée sur le site de Service-Public dans les 2 mois précédant la fin du titre de séjour « étudiant ». La situation de l’emploi en France reste opposable, sauf si l’emploi décroché figure sur la liste officielle des métiers en tension.
Source – Gouvernement