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Dossier – Le Canada et le Mexique ne sont pas soumis aux nouveaux tarifs mondiaux !

Alors que les tarifs douaniers réciproques, imposés par Donald Trump, frappent de nombreux pays, le Mexique, aux côtés du Canada, en est partiellement exempté. Si la prudence demeure de mise au sein du gouvernement et de la presse mexicaine, certains analystes y voient une opportunité économique pour le pays.

Mercredi 2 avril, l’avalanche de droits de douane réciproques imposés par le président américain, Donald Trump, a déferlé sur le monde, bouleversant ainsi la carte commerciale internationale. Après une longue série de rebondissements, le Mexique, principal partenaire économique des États-Unis, est finalement parvenu à échapper à cette politique protectionniste.

Malgré l’incertitude qui persiste dans la presse mexicaine compte tenu de l’imprévisibilité de son voisin du nord, certains acteurs économiques du pays estiment que les droits de douane très élevés imposés par Donald Trump à l’Asie – 46 % pour le Vietnam et 34 % pour la Chine –, pourraient largement profiter au Mexique, partiellement épargné par la mesure contraignante. Citée par le journal mexicain Debate, une analyse de BBVA México, plus grand groupe financier du pays, estime que l’incidence négative de la politique douanière de Trump “serait moindre” en comparaison avec d’autres économies.

“Forteresse nord-américaine” avec l’accord commercial USMCA

Le Mexique et le Canada ont évité de nouveaux droits de douane mercredi, le président Donald Trump ayant exempté les principaux partenaires commerciaux des États-Unis de sa nouvelle base tarifaire mondiale de 10 %, bien que les droits de douane antérieurs restent en vigueur. L’exclusion du Mexique et du Canada de la liste des pays ciblés pourrait contribuer à “réduire le niveau de protectionnisme en Amérique du Nord”.

Les produits en provenance du Mexique et du Canada qui sont conformes à l’accord commercial USMCA conclu entre les trois pays resteront largement exempts de droits de douane, à l’exception des exportations automobiles, de l’acier et de l’aluminium, qui relèvent de politiques tarifaires distinctes.

M. Trump avait déjà imposé des droits de douane de 25 % au Mexique et au Canada pour ne pas avoir pris suffisamment de mesures pour lutter contre le trafic de migrants et de fentanyl, mais il a ensuite accordé une dérogation pour les produits conformes à l’USMCA.

« Pour le Canada et le Mexique, les ordonnances existantes sur le fentanyl et la migration restent en vigueur et ne sont pas affectées par cette ordonnance », indique la fiche d’information de la Maison-Blanche.

« Dans le cas où les ordonnances existantes relatives au fentanyl et à la migration seraient annulées, les produits conformes à l’USMCA continueraient à bénéficier d’un traitement préférentiel, tandis que les produits non conformes à l’USMCA seraient soumis à des droits de douane réciproques de 12 %. « Il est presque certain que le Mexique et le Canada poussent un soupir de soulagement après l’annonce des droits de douane d’aujourd’hui », a déclaré Michael Camunez, directeur général de Monarch Global Strategies, qui conseille les entreprises faisant des affaires au Mexique.

« Les partenaires nord-américains ont été protégés de ce qui aurait pu être une très mauvaise journée.

Candace Laing, présidente-directrice générale de la Chambre de commerce du Canada, a déclaré dans un communiqué : « Nous espérons que la position adoptée aujourd’hui par les États-Unis à l’égard du Canada s’inscrira dans le cadre d’une véritable négociation, qui débouchera en fin de compte sur un partenariat à long terme.

S’exprimant après l’annonce de M. Trump, le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré qu’il prévoyait toujours de prendre des contre-mesures. « Nous allons combattre ces droits de douane par des contre-mesures, nous allons protéger nos travailleurs et nous allons construire l’économie la plus forte du G7 (groupe de nations) », a-t-il déclaré.

Le Canada et le Mexique n’apparaissent pas sur la liste

Convaincu que son offensive tarifaire permettra de rééquilibrer les règles du jeu et de faire entrer les États-Unis dans un nouvel « âge d’or », le président Trump a mis sa menace à exécution, et ce, même si de nombreux économistes appréhendent le scénario inverse.

Résultat : des pays comme la Chine verront leurs produits frappés de droit de douane de 34 %. Les taux sont également élevés pour l’Inde (31 %), le Japon (26 %) et l’Union européenne (20 %).

Un bref répit pour le Mexique et le Canada?

En revanche, dès ce jeudi, l’industrie automobile verra des droits de douane de 25 % frapper le contenu non américain d’un véhicule ainsi que les pièces importées par les États-Unis – une mesure qui vise tous les pays à travers le monde.

Selon le Toronto Star, le constructeur automobile Stellantis (qui possède plusieurs marques, dont Jeep, Dodge, Fiat et Chrysler) a annoncé mercredi à son syndicat que son usine de Windsor serait fermée pour deux semaines à compter du 7 avril.

À cela s’ajoutent les secteurs de l’acier et de l’aluminium, frappés par des droits de douane de 25 % depuis le 12 mars dernier. Les importations d’énergie – pétrole et gaz – et de potasse aux États-Unis sont également taxées à hauteur de 10 %. Ces droits de douane ne s’additionnent pas à ceux annoncés mercredi.

Mais ce n’est pas tout. La fiche d’information de la Maison-Blanche diffusée mercredi soir laisse entendre que le cuivre, les produits pharmaceutiques, les semi-conducteurs ainsi que le bois d’œuvre pourraient faire l’objet de nouveaux droits de douane en vertu d’un article de la loi américaine – le même utilisé pour taxer l’acier et l’aluminium.

D’autant que le président Trump a profité de sa tribune, mercredi, pour s’en prendre au secteur laitier canadien, qui est concentré au Québec ainsi qu’en Ontario. Celui-ci est régi par le système de la gestion de l’offre, qui encadre également la production d’œufs et de volaille au pays.

Cela suggère que Washington a une stratégie « particulière » visant le Canada et le Mexique, croit le professeur Richard Ouellet, spécialiste du droit international à l’Université Laval. « On a déjà des [droits de douane] assez costauds dans certains domaines [l’acier, l’aluminium et l’énergie], souligne le spécialiste. Mais je demeure convaincu qu’avec le Canada et le Mexique, les États-Unis sont condamnés à s’entendre. »

Importante secousse

À travers le monde, l’annonce de l’administration Trump n’a pas mis de temps à alerter les marchés. Tout indique que la séance boursière de ce jeudi augurera d’importants reculs pour les principaux indices nord-américains, d’après les contrats à terme sur les principaux indices.

Plus précisément, les droits de douane de Washington se déclineront en deux temps. Le 5 avril à minuit, une taxe de 10 % frappera les produits qui entrent aux États-Unis. Dans un deuxième temps, le 9 avril à minuit, un droit de douane majoré doit entrer en vigueur pour l’Union européenne et d’autres pays.

Source – Agences

LesFrancais.Press
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