Mexique – Les archives secrètes bientôt ouvertes au public !

Au Mexique, le président Andres Manuel Lopez Obrador a annoncé l’ouverture des archives secrètes des services de renseignements. Les documents recouvrant 90 années d’histoire politique et sociale seront en libre accès à partir de lundi 4 mars.

Ils permettront notamment aux Mexicains de revenir sur les étapes sombres de leur histoire, telles que la « guerre sale ». « Elles vont être ouvertes pour que les citoyens puissent y avoir accès, notamment les enquêtes. Cela fait partie du programme renforcement de notre mémoire historique », a affirmé le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador.

Les documents, qui se trouvent dans l’ancienne prison de Lecumberri, en plein centre de Mexico, où ont été détenus de nombreux opposants, parmi lesquels des membres du mouvement étudiant de 1968, seront accessibles à partir de lundi 4 mars. Depuis des semaines, de nombreuses demandes ont été faites pour que ces archives soient ouvertes au grand jour.

« La quantité de barbaries commises par l’Etat mexicain est énorme »

« Il y a plus d’informations que ce à quoi je m’attendais. Il faut les diviser en deux parties. Tout d’abord la période qui débute à la victoire de la révolution, début du XXe siècle jusqu’à 1985, et ensuite celle de 1985 à 2019, qui couvre toutes les guerres contre la trafic de drogue ainsi que développement de la corruption, qui commence en 1986. La quantité de violations et de barbaries commises en toute impunité par l’Etat mexicain est énorme  », assure Sergio Aguayo, professeur-chercheur au Colegio de Mexico et professeur invité à Harvard, et militant des droits de l’homme.

Andres Manuel Lopez Obrador, 65 ans, est arrivé au pouvoir le 1er décembre dernier au Mexique. Le leader de gauche a affirmé que le Mexique, dirigé durant sept décennies par le Partido révolutionnaire institutionnel (PRI), a connu une « période noire » durant laquelle furent persécutés des activistes et des opposants, notamment entre les années 1960 et 1980, une période nommée par les historiens « guerre sale ».

« Avoir accès à ces informations pourrait permettre de reconstituer bon nombre de massacres et d’assassinats, poursuit Sergio Aguayo. Avec cette base, on pourrait monter des cas qui pourraient aujourd’hui encore être présentés à la justice. Mais le problème, c’est que ce même président Lopez Obrador, qui a ouvert les archives, a aussi annoncé une amnistie. Donc, il y a une contradiction de fond. Je ne sais pas quelle solution il trouvera, ni s’il a l’intention d’en trouver une. »

Source – AFP et RFI

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