Suppléant d’Éléonore Caroit, (ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères dans le gouvernement Lecornu II), Benoît Larrouquis a fait son entrée à l’Assemblée nationale le 13 novembre 2025 en tant que député des Français de la 2e circonscription, qui regroupe l’Amérique latine et les Caraïbes. Établi au Mexique depuis 28 ans, entrepreneur dans le domaine de l’assurance santé, Benoît Larrouquis a fondé il y a 20 ans le cabinet de courtage Expat Assurance, qu’il dirige toujours aujourd’hui.
Il réponds aujourd’hui á nos questions
La première question concerne la communauté française résidant au Venezuela.
Sont-ils encore nombreux ? Que font-ils exactement au Venezuela et sont-ils en sécurité ? Que disent-ils, puisqu’ils sont les premiers concernés par la situation politique et économique du pays ?
Oui, j’ai bien sûr pu échanger avec des Français établis au Venezuela ces derniers jours. Je suis en lien depuis samedi avec plusieurs de nos compatriotes sur place, ainsi qu’avec des conseillers des Français de l’étranger installés de longue date dans le pays. Ce sont des élus très engagés, qui disposent d’une connaissance fine du terrain et d’une grande expérience des situations de crise, ce qui est précieux dans le contexte actuel.
Je suis également en contact étroit avec l’Ambassade de France au Venezuela, les services du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, ainsi qu’avec la ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Madame Éléonore Caroit.
Nous avons approximativement 2000 français établis au Venezuela, la plupart étant bi-nationaux donc plutôt habitués aux crises successives.
À ce stade, la situation est relativement calme, même si les forces de sécurité ont mis en place de nombreux points de contrôle pour encadrer les déplacements. Certains supermarchés ont rouvert, mais avec des files d’attente importantes. Par mesure de précaution.
Les consignes adressées à la communauté française sont très claires : limiter strictement les déplacements, rester autant que possible à domicile, éviter tout rassemblement et les zones sensibles, notamment à proximité des installations gouvernementales ou militaires. Il est également fortement déconseillé de se rendre actuellement au Venezuela. Je reste extrêmement attentif à l’évolution de la situation et pleinement disponible pour nos compatriotes sur place.
Rencontre avec Mme l’Ambassadrice Delphine Borrione au Mexique

En tant que député d’une région en crise, êtes-vous sollicité par vos collègues de l’Assemblée nationale pour mieux appréhender et comprendre les enjeux et les problèmes de la région ? Quelles sont les préoccupations premières des députés et des responsables politiques français, en dehors des positions idéologiques ?
Oui, régulièrement. Lorsqu’une région traverse une période de crise, il est naturel que les collègues souhaitent disposer d’éléments de compréhension précis et concrets. À ce titre, je suis amené à partager des informations de terrain, à expliquer les réalités locales et à contribuer, de manière constructive et apaisée, aux échanges collectifs.
Au-delà des clivages idéologiques, la préoccupation première reste la stabilité de la région, la sécurité de nos ressortissants, ainsi que la compréhension des dynamiques politiques, économiques et humaines à l’œuvre. Il s’agit avant tout d’éviter que les populations civiles, et notamment nos compatriotes, ne soient les victimes collatérales de crises géopolitiques majeures.
Selon certains, le président Macron a « mollement » condamné l’intervention américaine au Venezuela, s’attirant les foudres de la gauche française et de certaines personnalités politiques comme l’ex-Premier ministre Dominique de Villepin. Quelle est la position officielle de la France et le « en même temps » est-il tenable dans une région où la France est présente et donc concernée par la situation géopolitique locale ?
La France ne s’inscrit ni dans une logique d’alignement automatique, ni dans une logique de silence. Les déclarations du gouvernement français traduisent cette ligne : reconnaître la réalité d’une crise démocratique profonde au Venezuela, tout en condamnant toute intervention contraire au droit international.
Dans un contexte aussi sensible, les appréciations peuvent diverger, mais l’objectif demeure de favoriser une solution évitant toute escalade susceptible d’aggraver la situation des populations civiles.
Au-delà des débats et des polémiques, le cœur du sujet reste la situation du peuple vénézuélien, confronté à une crise humanitaire majeure et à un effondrement économique dramatique.
La prudence reste toutefois indispensable. Les structures de pouvoir encore en place, liées à des intérêts économiques et à la criminalité, ne disparaîtront pas du jour au lendemain. La situation est complexe et exige une approche responsable et mesurée.
Quelles sont d’ailleurs les mesures prises par la France au sujet des trafics de drogue qui passent aussi par la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe ? Que disent nos élus des DOM-TOM (Départements et Territoires d’Outre-mer), qui sont en première ligne ?
La France a, ces dernières années, annoncé un renforcement de ses dispositifs de lutte contre les trafics de drogue dans les territoires ultramarins, notamment à travers l’intensification des contrôles douaniers, le renforcement des forces de sécurité et une coopération accrue avec les États voisins.
Les élus des départements et territoires d’outre-mer, directement concernés par ces flux, rappellent régulièrement, dans le cadre des travaux parlementaires et des échanges avec le gouvernement, l’ampleur du phénomène et ses répercussions en matière de sécurité et de cohésion sociale. Ils appellent à des moyens adaptés aux réalités locales et à une meilleure prise en compte des spécificités de ces territoires.
Si ces prises de position sont parfois peu relayées dans le débat médiatique national, elles s’inscrivent néanmoins dans les discussions institutionnelles et nourrissent les réflexions de l’État sur la lutte contre les trafics.
Après le Mexique, avez-vous l’intention de voyager dans les pays qui sont dans la ligne de mire des États-Unis d’Amérique ? Nous pensons en particulier à Cuba.
Les déplacements internationaux s’inscrivent avant tout dans une démarche d’écoute et de compréhension, tant des réalités institutionnelles que des situations humaines. Ils visent également à aller à la rencontre des ressortissants français établis à l’étranger, à échanger avec eux sur leurs conditions de vie et à mieux prendre en compte leurs préoccupations. Cette approche se fait dans le respect des équilibres diplomatiques, du cadre multilatéral et avec la volonté constante de privilégier le dialogue et l’apaisement. À ce stade, aucune annonce particulière n’a vocation à être faite.
Pour joindre votre député à l’Assemblée nationale il vous est possible de lui envoyer un courriel á l’adresse suivante: benoit.larrouquis@assemblee-nationale.fr et/ou contacter Nadege pour accéder au Fil Info Whatsapp: +33 6 52 00 03 69