La visite au Mexique d’Isabel Díaz Ayuso, présidente (conservatrice) de la communauté autonome de Madrid, provoque une vive polémique après sa participation à un hommage au conquistador Hernán Cortés. La cheffe de l’État, Claudia Sheinbaum, y voit le signe d’une “alliance de la droite internationale” contre les gouvernements progressistes.
Alors que le Mexique et l’Espagne tentent de renouer des liens diplomatiques, la visite d’une responsable politique conservatrice espagnole à Mexico secoue le pays.
Depuis le 3 mai, la présidente de la communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso (Parti populaire, droite), s’attire les critiques d’une partie de l’opinion mexicaine après avoir assisté, lundi 4 mai, à un événement glorifiant la figure du conquistador espagnol Hernán Cortés (1485-1547), rapporte El País América.
La maire du centre historique de Mexico (Cuauhtémoc), Alessandra Rojo de la Vega (Parti action nationale, droite), a également pris part à cette initiative. Cet événement devait initialement avoir lieu dans la cathédrale métropolitaine de Mexico, avant d’être annulé par l’archidiocèse de la capitale pour éviter “toute instrumentalisation”.
“Ingérence”
Dans la foulée, souligne Infobae, le parti présidentiel, Morena (gauche), a vivement condamné ce déplacement de dix jours de la responsable politique madrilène, estimant que sa simple présence sur le sol mexicain constituait une tentative d’“ingérence de l’extrême droite espagnole” ainsi qu’une “menace directe pour la souveraineté du pays”.
La Communauté de Madrid a accusé le gouvernement de la présidente Claudia Sheinbaum d’avoir fait pression sur les organisateurs des Prix Platino du cinéma ibéro-américain afin d’empêcher la présidente régionale, Isabel Díaz Ayuso, d’assister au gala prévu à Cancún, ainsi que d’avoir créé un « climat de boycott » qui, selon elle, a contraint la dirigeante madrilène à annuler sa participation à l’événement et le reste de son programme à Monterrey, avant de rentrer en Espagne.
Dans un communiqué publié ce vendredi, l’exécutif madrilène a affirmé qu’il s’agissait d’un « fait sans précédent », soulignant que le gouvernement mexicain serait allé jusqu’à « menacer les organisateurs des Prix Platino du cinéma ibéro-américain de fermer le complexe où se déroule la cérémonie si la présidente de la Communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, se rendait à l’événement ou sur le site, à tout moment ».
Les organisateurs des Platino ont assuré à EL PAÍS qu’ils n’avaient pas connaissance de ces menaces de fermeture. Xcaret, qui accueille ces prix audiovisuels depuis 2018, a également « catégoriquement nié » avoir reçu des menaces de la part des autorités fédérales ou locales visant à boycotter la cérémonie de remise des prix.
Le gouvernement de Madrid a reproché à l’exécutif mexicain une attitude d’hostilité politique qui, selon lui, se serait intensifiée au cours des jours précédant l’événement.