Bâtie sur les vestiges d’un lac antique, la capitale mexicaine sombre à un rythme inquiétant. Grâce au nouveau satellite NISAR de la NASA, les scientifiques peuvent désormais observer ce naufrage avec une précision chirurgicale.
C’est ici qu’intervient la technologie spatiale la plus avancée de notre époque. Comme le rapporte le média scientifique IFL Science, la mission NISAR, fruit d’une collaboration entre la NASA et l’agence spatiale indienne (ISRO), vient de livrer ses premières données. Lancé en 2025, ce satellite est équipé d’un radar à synthèse d’ouverture capable de percer les nuages et la végétation pour cartographier les moindres mouvements de l’écorce terrestre.
Selon les premières mesures effectuées entre fin 2025 et début 2026, certaines zones de Mexico s’enfoncent de plus de 2 centimètres chaque mois. David Bekaert, membre de l’équipe scientifique NISAR, souligne l’importance de cet outil: «Mexico est un point chaud bien connu en matière d’affaissement, et des images comme celle-ci ne sont que le début pour NISAR. Nous allons assister à un afflux de nouvelles découvertes dans le monde entier.»
Un monument qui s’élève chaque année
L’un des exemples les plus frappants de ce naufrage se trouve sur l’avenue du Paseo de la Reforma, au pied de l’Ange de l’Indépendance. Ce monument haut de 36 mètres, ancré profondément dans le sol rocheux, semble s’élever au fil des ans. En réalité, c’est le trottoir tout autour qui s’enfonce, obligeant les autorités à ajouter régulièrement des marches supplémentaires pour que les piétons puissent encore y accéder.
La force du satellite NISAR réside dans sa fréquence de passage. Tous les 12 jours, il scanne la zone, permettant de détecter des changements invisibles à l’œil nu mais critiques pour la sécurité publique. «Des images comme celle-ci confirment que les mesures de NISAR correspondent aux attentes», explique Craig Ferguson, responsable à la NASA. Cette précision est vitale pour anticiper les ruptures d’infrastructures majeures.
Au-delà du cas mexicain, NISAR est une sentinelle pour toute la planète. Sa capacité à suivre l’évolution des glaciers, des forêts et des zones côtières en fait une arme de premier plan face au dérèglement climatique. En combinant l’affaissement des terres et la montée du niveau de la mer, le satellite pourra prévenir les populations côtières des risques d’inondations bien avant qu’elles ne deviennent irréversibles.
Pour Mexico, le défi reste immense. Si le satellite offre un diagnostic d’une clarté sans précédent, la solution, elle, devra être terrestre. Repenser la gestion de l’eau et ralentir le pompage des nappes est désormais une question de survie pour la ville.
Source – https://www.slate.fr/